Ma pratique procède par prélèvement, fragmentation, effacement, déplacement et recomposition.
Je déconstruis des textes, des images et des objets porteurs d’une histoire préalable afin de les soustraire, au moins partiellement, à leur ordre initial. Le fragment devient alors une unité autonome susceptible d’entrer dans de nouvelles relations de sens.
Cette logique de déconstruction traverse l’ensemble de mon travail : ce qui est déchiré, découpé ou effacé n’est pas nécessairement détruit. La rupture devient possibilité de transformation.
Chaque œuvre naît ainsi d’un dialogue entre intuition, matière et pensée. Je travaille sans programme formel figé et accepte qu’une pièce résiste, bifurque ou contredise mon intention première.
Créer revient parfois moins à exécuter une idée qu’à mettre en place les conditions permettant à quelque chose d’imprévu d’apparaître.
Comme le chantait Jean Gabin : « Maintenant je sais, je sais qu’on ne sait jamais. »
mai 27, 2020