Ma pratique ne s’est pas construite sur une admiration immédiate de l’art contemporain. Elle est née ailleurs, dans la friction, dans le doute, dans la nécessité de trouver une forme à ce qui ne trouvait pas de mots.
C’est à travers les difficultés de la vie qu’est apparu le besoin de déposer, sur le papier ou la toile, ce qui restait bloqué intérieurement. Progressivement, le geste artistique s’est imposé comme un espace de libération, non maîtrisé, non prémédité.
J’ai appris que plus je cherche à contrôler une œuvre, plus elle se referme.
À l’inverse, lorsque je relâche l’intention, le matériel et l’immatériel entrent en dialogue. Le hasard n’est plus un ennemi : il devient un partenaire.
Je travaille par pulsions. Chaque œuvre naît d’un désordre accepté, d’un processus où la main, la matière et l’imprévu participent ensemble à l’émergence d’une forme.
Dans cette logique, j’intègre parfois des éléments inattendus, voire incongrus, non pour provoquer, mais pour déplacer le regard et questionner ce que l’on accepte (ou non) comme légitime dans une œuvre.
“J’ai toujours rêvé de coller un mégot de cigarette, un chewing-gum, un skieur, une banane sur une toile; c’est désormais chose faite.” – Alexandre Grange
mai 27, 2020