Je travaille sans discipline fixe ni régularité imposée. Mon rapport au temps est mouvant. Les images surgissent lorsqu’elles le décident : le soir, la nuit, au réveil, en dehors de toute logique productive.
Je nourris ce processus par une attention constante à mon environnement : la ville, les gens, leur vie, mais aussi l’actualité politique, culturelle et technologique. Le monde réel, dans sa complexité et ses contradictions, alimente en permanence le temps intérieur de la création.
Le temps de l’œuvre, lui, est imprévisible. Certaines pièces émergent en quelques heures, d’autres demandent des années. La bouche d’égout, commencée en 2017 et finalisée en 2020, en est un exemple. Je n’hésite pas à abandonner ce qui semble ne pas fonctionner. Le rejet fait partie intégrante du processus.
Je refuse toute pression temporelle. Le temps n’est pas un cadre à subir, mais une dimension à apprivoiser.
« Le temps est un élément essentiel du processus de création : le temps de séchage, le moment d’arrêter le processus de création, le temps de décider si une œuvre est juste, et la durée durant laquelle je ne peux pas me séparer de l’oeuvre. » – Alexandre Grange
mai 27, 2020