– Mémoires fragmentées –
Cette série explore la persistance de la mémoire lorsque les récits, les corps et les cultures sont soumis à la destruction, à la censure ou à l’oubli. Alexandre Grange y développe une démarche fondée sur la déconstruction de matériaux porteurs d’histoire — livres, partitions, timbres, objets, images — qu’il fragmente, altère et recompose.
Certaines œuvres conservent une dimension figurative ou en suggèrent les contours ; d’autres basculent dans une abstraction dense et stratifiée. Cette oscillation n’est pas formelle mais conceptuelle : elle traduit le glissement progressif de la mémoire, de la reconnaissance vers la disparition, de la trace lisible vers la matière résiduelle.
Dans cette série, la mémoire n’est jamais intacte ni héroïsée. Elle est vulnérable, fragmentaire, parfois presque illisible. Les œuvres fonctionnent comme des surfaces de résistance où subsistent des vestiges — symboles culturels, fragments de langage, restes d’harmonie — confrontés aux forces de l’effacement.
Mémoires fragmentées interroge ainsi la capacité de l’art à témoigner lorsque les mots se brisent, lorsque la culture est attaquée, et lorsque l’histoire tente d’imposer le silence.
