100.0 x 141.0 cm
Acrylique en bombe de marque « 94 »
Diverses matières
Livre « Conscience contre violence » de Stefan Zweig, déchiré, peint et collés sur toile
Timbres : Helvetia 10+10 – 1945 / Deutsche Bundespost 20 pfennig / Deutsche Demokratische Republik 20 pfennig
Partition « Ungarische Tänze Nr. 6 » pour piano – Johannes Brahms
Cette oeuvre, présentée pour la première fois dans le cadre de l’exposition « Matière sensible » qui se déroula du 3 au 20 avril 2025 au sein de la Belle Usine de Fully (Valais – Suisse), interroge la place de la culture lorsque les régimes autoritaires cherchent à imposer le silence. Cette pièce combine la matérialité brute d’un violon brisé, la légèreté des fragments de papier et des timbres collés, le tout dans une tonalité majoritairement noire.
Une matérialité fragile et vulnérable :
comme « camouflé » au sein de l’œuvre, un violon brisé s’impose comme symbole emblématique d’harmonie, de liberté et de culture. Il est ici réduit à l’état de débris, figurant ainsi toutes les voix brisées d’artistes censurés, aliénés ou assassinés ; une métaphore de la destruction d’une humanité et de son patrimoine immatériel.
Autour de cet objet central et au-delà des fragments de partitions collés, l’utilisation du livre « Conscience contre Violence », de Stefan Zweig souligne la cause : liberté et tolérance contre intégrisme. Ces éléments rappellent la difficulté de développer, conserver et diffuser une culture libre sous le joug de régimes totalitaires.
Une thématique universelle et contemporaine :
artiste sensible et engagé, Alexandre Grange ne se contente pas de représenter l’idée ; il intègre le message au cœur du processus créatif lui-même, partant d’une démarche déconstructiviste pour évoluer vers une phase de reconstruction. Il porte ainsi une voix forte et inscrite dans la réalité des tensions et fractures mondiales de tous temps.
« Requiem pour un violon » transcende la simple contemplation pour devenir une expérience émotionnelle porteuse d’un message d’espoir nous rappelant que même dans les ténèbres, l’art a le pouvoir de résister, témoigner et faire preuve de résilience.
Exemplaire unique. Encadrement Pierre Rosso.
décembre 24, 2024